Après des études de régisseuse au DMA de Nantes, elle prolonge et approfondit sa formation à l’École supérieure du Théâtre National de Strasbourg (promotion 37), où elle a l’opportunité de travailler notamment aux côtés de Marie Vayssière, Richard Brunel, Daniel Jeanneteau et Marie-Christine Soma.
À l’issue de son parcours, elle explore les multiples facettes du travail de la lumière dans le spectacle vivant, en occupant différents postes techniques. Elle rejoint notamment l’équipe de Jean-François Sivadier pendant plusieurs années, une collaboration qui la conduit, entre autres, à travailler à la Cour d’honneur du Festival d’Avignon pour Le Roi Lear. Elle sera également régisseuse lumière pour les équipes d’Éric Lacascade et de Denis Podalydès.
Ces expériences riches, mêlant compagnonnage et apprentissage auprès de nombreux créateur·rice·s lumière, nourrissent son goût pour la diversité des collaborations.
Depuis 2011, elle se consacre entièrement à la création lumière. Elle signe les créations de nombreux artistes tels que Charlotte Lagrange, Vincent Ecrepont, Bertrand Bossard, Laurent Vacher, le collectif Kobal’t, Pauline Bayle ou encore Alice Zeniter.
Au fil des années, des liens artistiques solides et fidèles se tissent. Elle est associée aux créations depuis plus de dix ans de Lorraine de Sagazan et Céline Champinot.
Son parcours la mène également hors des frontières françaises : elle accompagne pendant plusieurs années le festival de théâtre de Zahlé au Liban et signe les lumières du collectif franco-norvégien The Krumple, avec qui elle crée encore régulièrement, qui invente un théâtre visuel nourri par la rencontre de cultures et de nationalités diverses.
Elle conçoit également des lumières pour des artistes dont le travail sort des cadres traditionnels et interroge les formes : le metteur en scène et plasticien Simon Gauchet ou l’autrice Penda Diouf, avec qui elle crée notamment une performance à la basilique Saint-Denis pour faire émerger la mémoire des reines qui y reposent.
Dans ces espaces de création précieux, où le temps long favorise la rencontre, Claire Gondrexon affine une recherche visuelle sensible, plastique et dramaturgique, en lien étroit avec la scénographie et l’ensemble de l’équipe artistique. Sa démarche est pleinement engagée dès les premières phases de création et se poursuit jusqu’aux tournées, avec la volonté que la lumière soit en dialogue constant avec l’évolution du spectacle au fil des représentations.
Son champ de création s’inscrit ainsi dans des projets portés par une parole engagée et exigeante, où l’enjeu politique, poétique ou social est central.
Claire Gondrexon pense la lumière comme une matière sensible et mouvante, qui enlace l’espace, enveloppe l’interprète, et approfondit les marqueurs temporels — à travers le rythme des images, leurs transitions, et le dynamisme de leur évolution tout au long de la pièce.
Elle conçoit le théâtre comme un miroir du monde, une fine pellicule qui trace un parallèle, plus ou moins distancié, avec la réalité du spectateur. Elle imagine la lumière comme une composition graphique, intégrant souvent des éléments lumineux bruts — lignes néon, objets ou installations — pour structurer l’espace.
Très influencée par des artistes tels que David Lynch, Wim Wenders, Olafur Eliasson ou encore les photographes Gueorgui Pinkhassov, Nan Goldin ou encore Dolores Marat, elle entretient un lien intime avec la couleur, omniprésente dans son travail. Elle utilise celle-ci comme un filtre révélateur, elle met en relief les éléments essentiels, par contraste ou par structuration d’images. Sa chromatographie compose des tableaux visuels où l’intime prend sa place dans une image élargie, politique.

