CONCEPTION ET MISE EN SCENE: Lorraine de Sagazan
TEXTE: Guillaume Poix
CREATION 15.07 – 21.07.2024 – FESTIVAL D’AVIGNON
Fruit de nombreuses rencontres avec avocats, magistrats, victimes et détenus, le spectacle s’intéresse aux lacunes de la justice institutionnelle. Parce qu’elle organise les rapports et régule les conflits entre les membres d’une société, la justice est la clef de voûte du schéma social et civique. Pourtant, si chacun s’entend sur sa vocation et sur sa mission, les opinions divergent quant à son application. La France, comme d’autres pays d’Europe, connait actuellement une crise de confiance sans précédent à l’égard de cette institution.
Pendant plusieurs mois, une partie de l’équipe artistique s’est immergée dans la 23e chambre du Tribunal de Paris où ont lieu les procédures de comparution immédiate. Cette procédure simplifiée et expéditive, qui est une exception française, juge l’auteur présumé d’une infraction à sa sortie de garde à vue. Publique et durant, en moyenne, moins de trente minutes, elle est de plus en plus répandue et favorise largement l’incarcération puisque 70% des peines prononcées correspondent à des peines de prison ferme.
En comparution immédiate, l’ordre juridique ne fonctionne pas comme une instance d’intégration et d’organisation collective, il s’inscrit dans les conflits politiques et reproduit des rapports de force. Nous avons pu y observer qu’un. e prévenu.e fait rarement face à sa victime mais fait face à un procureur qui pose la société comme la victime de l’infraction. Nous posons alors la question : est-ce le code pénal qui fait le crime ou la présence d’une victime ? Est-ce le code pénal qui réclame la justice ou la blessure et sa réparation ? Pourquoi un droit répressif plutôt qu’un droit restitutif qui prendrait en charge la réparation du préjudice subi ?
Nous nous sommes intéressés à la justice transformatrice et à l’abolitionnisme pénal. Ces mouvements consistent à remettre en question le système pénal dans son ensemble (tribunaux, police et prisons) et à imaginer des alternatives. Il s’agit alors d’envisager une véritable confrontation des parties, créer les conditions d’un véritable « débat politique » au sein d’un tribunal où la victime et les besoins que celle-ci peut manifester est au centre des considérations et des décisions.
Organisé autour de trois comparutions significatives, Léviathan interroge la validité de cette procédure et ménage une rencontre avec un témoin plusieurs fois jugé dans ce cadre. Sous un chapiteau imaginé comme un tribunal de fortune, le contre-espace théâtral se fait chambre de mémoire, avec huit interprètes dont un acteur amateur qui se porte garant de notre récit au même titre qu’il l’incite,.et confronte notre idéal de justice aux béances du système pénal contemporain. Léviathan tente de renverser certaines évidences et d’opérer des points de bascule par-delà le bien et le mal nous confrontant au dilemme de la violence, à son exercice légitime et à sa régulation par le droit.


















Conception et mise en scène
Lorraine de Sagazan
Texte
Guillaume Poix, inspiré de faits réels
Avec
Khallf Baraho, Jeanne Favre, Felipe Fonseca Nobre, Jisca Kalvanda, Antonin Meyer-Esquerré (en alternance avec Romain Cottard), Mathieu Perotto, Victoria Quesnel, Eric Verdin et le cheval Oasis
Dramaturgie
Agathe Charnet, Julien Vella
Scénographie
Anouk Maugein, assistée de Valentine Lê
Régie générale
Vassili Bertrand
Régie plateau et réalisation accessoires
Kourou
Musique originale et son
Lucas Lelièvre, assisté de Camille Vitté
Lumières
Claire Gondrexon, assistée d’Amandine Robert
Création vidéo et cadrage
Jérémie Bernaert
Conception et création Costumes
Anna Carraud assistée de Marnie Langlois et Mirabelle Perot
Musique comparution chantée
Pierre-Yves Macé
Chorégraphie
Anna Chirescu
Masques
Loïc Nebreda
Perruques
Mityl Brimeur
Mise en espace cheval
Thomas Chaussebourg
Travail vocal
Juliette de Massy
Travail masque
Lucie Valon
Assistanat à la mise en scène
Antoine Hirel
Admnistration, production, diffusion
AlterMachine – Marine Mussillon et Carole Willemot
Relations presse
AlterMachine – Camille Hakim Hashemi
